Réponse courte
Oui, un salon de coiffure, un institut d’esthétique ou une clinique peut publier les photos avant/après de ses clientes, mais seulement avec leur consentement, donné pour chaque usage. Au Québec, le Code civil considère comme une atteinte à la vie privée le fait d’utiliser l’image d’une personne à toute autre fin que l’information légitime du public (art. 36), et la Loi 25 exige un consentement manifeste, libre, éclairé, donné à des fins spécifiques et demandé pour chacune de ces fins (art. 14). La cliente peut retirer son consentement, une photo retouchée ne doit pas laisser croire à un résultat que le soin ne donne pas, et pour une mineure de moins de 14 ans, c’est le parent ou le tuteur qui consent. Ce guide résume ces règles à partir des textes officiels. Ce n’est pas un avis juridique.
La réponse courte : le consentement, usage par usage
Une photo d’un visage, d’une coupe ou d’un soin qui permet de reconnaître la cliente est un renseignement personnel. Le Code civil protège en plus son image : toute personne a droit au respect de sa vie privée, et nulle atteinte ne peut y être portée sans son consentement ou l’autorisation de la loi (art. 35). L’article 36 donne comme exemple d’atteinte le fait d’utiliser le nom, l’image, la ressemblance ou la voix d’une personne à toute autre fin que l’information légitime du public. Une publication promotionnelle n’est pas de l’information du public.
Le consentement prévu par la Loi 25 doit être manifeste, libre, éclairé et donné à des fins spécifiques ; il est demandé pour chacune de ces fins, en termes simples et clairs. Lorsqu’il est demandé par écrit, il doit être présenté distinctement de toute autre information (art. 14). Concrètement : une case dans le formulaire de rendez-vous, noyée dans les conditions, ne suffit pas.
| Usage de la photo | Consentement nécessaire ? | À préciser à la cliente |
|---|---|---|
| Dossier interne de la cliente (suivi de couleur, de soin) | Oui, pour cette fin | Qui y a accès, combien de temps on la garde |
| Publication Instagram, TikTok ou Facebook | Oui, distinct | Plateformes, visage visible ou non, identification de son compte |
| Site Web du salon, galerie de réalisations | Oui, distinct | Pages visées, durée |
| Publicité payante | Oui, distinct | Durée de la campagne, plateformes |
| Formation interne ou concours | Oui, distinct | Qui verra la photo |
Grille de ZeniTech à partir du Code civil du Québec (art. 35 et 36) et de la Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé (art. 14), LégisQuébec, à jour au 10 juin 2026, consultés le 2 octobre 2026. Ce n’est pas un avis juridique.
Ce que le formulaire de consentement devrait contenir
- Le nom du salon ou de la clinique et la personne à joindre pour toute question.
- Les usages, un par un, avec une case pour chacun : dossier, réseaux sociaux (lesquels), site Web, publicité payante.
- Le niveau d’identification accepté : visage visible, visage caché, seulement la zone traitée ; prénom ou compte identifié, ou rien.
- La durée prévue de l’utilisation.
- Le droit de retirer son consentement en tout temps, et comment le faire (art. 8 de la Loi 25).
- La signature et la date, conservées avec la photo.
- Pour une mineure de moins de 14 ans : la signature du titulaire de l’autorité parentale ou du tuteur (art. 14).
Allergies, peau, grossesse : ce qui ne doit jamais apparaître
Un renseignement personnel est sensible lorsque, de par sa nature notamment médicale, il suscite un haut degré d’attente raisonnable en matière de vie privée (art. 12). Une réaction cutanée, un traitement d’acné, une grossesse ou une cicatrice relèvent de cette catégorie. Les utiliser à une autre fin que celle pour laquelle ils ont été recueillis exige un consentement exprès.
En pratique : la légende de la publication décrit le soin, pas la condition de la cliente. Et la fiche de consultation, avec ses notes de peau ou d’allergie, ne sert jamais à cibler une promotion.
Photos retouchées : la règle de la Loi sur la protection du consommateur
Aucun commerçant, fabricant ou publicitaire ne peut, par quelque moyen que ce soit, faire une représentation fausse ou trompeuse à un consommateur (art. 219). Pour déterminer si une représentation est interdite, on tient compte de l’impression générale qu’elle donne (art. 218).
Une photo « après » dont le résultat a été lissé, éclairci ou remodelé laisse croire à un résultat que le soin ne donne pas. Gardez les retouches à la lumière et au cadrage, prenez l’avant et l’après dans les mêmes conditions, et ne promettez pas le même résultat à toutes.
Loi sur la protection du consommateur (RLRQ, c. P-40.1), LégisQuébec, à jour au 12 août 2026. Information générale, pas un avis juridique.
Soins médicoesthétiques : des règles en plus
Le Collège des médecins du Québec et l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec ont rappelé, le 30 mai 2024, que toute personne qui souhaite obtenir des soins médicoesthétiques doit au préalable avoir eu une évaluation individuelle afin qu’un diagnostic soit posé et qu’un plan de traitement soit établi. Une publication avant/après d’injection est donc la vitrine d’un acte encadré par un ordre professionnel : consultez les règles de déontologie et de publicité de votre ordre avant de publier.
Si des médecins, des infirmières ou d’autres professionnels exercent à leur compte dans votre clinique, celle-ci peut aussi être un cabinet privé de professionnel au sens de la Loi sur les renseignements de santé et de services sociaux (annexe II). Les photos prises dans le cadre du soin peuvent alors relever de cette loi plutôt que de la Loi 25 : faites valider votre situation par votre ordre ou votre conseiller.
Sources : CMQ et OIIQ, communiqué du 30 mai 2024 ; LégisQuébec, Loi sur les renseignements de santé et de services sociaux (RLRQ, c. R-22.1), annexe II.
Quand la cliente retire son consentement
- La Loi 25 prévoit que la personne est informée, dès la collecte, de son droit de retirer son consentement à l’utilisation de ses renseignements (art. 8).
- Retirez la photo de vos comptes, de votre site et de vos publicités. Les partages déjà faits par d’autres comptes ne sont pas sous votre contrôle : dites-le à la cliente honnêtement.
- Lorsque les fins pour lesquelles la photo a été recueillie sont accomplies, détruisez-la ou anonymisez-la, sous réserve d’un délai de conservation prévu par une loi (art. 23).
- Notez le retrait et sa date dans votre registre.
Avis et témoignages
La même prudence vaut pour les avis. Les règles de Google interdisent d’offrir un avantage, comme un rabais ou un soin gratuit, en échange d’un avis, et de solliciter des avis positifs de façon sélective. Le Bureau de la concurrence a rappelé, le 18 janvier 2024, qu’une employée qui publie un avis sur son employeur doit divulguer ce lien. Une remise offerte pour une photo n’est pas interdite en soi, mais la publication ne doit pas être présentée comme un avis indépendant.
Et si c’est une IA qui prépare vos publications ?
Un outil d’IA qui rédige vos légendes ou prépare vos visuels ne change pas les règles : le consentement reste celui de la cliente, et la responsabilité reste celle du salon. Trois précautions : l’IA ne publie rien sans votre approbation, elle n’utilise que les photos dont le consentement couvre la plateforme visée, et elle ne retouche pas le résultat d’un soin.
Mia, l’agent IA de ZeniTech pour les salons de beauté et l’esthétique, fonctionne ainsi selon sa page : elle prépare vos publications Instagram et TikTok, textes et visuels, et vous approuvez avant qu’elles partent. Elle ne promet aucun résultat de soin et ne donne pas d’avis médical sur la peau ou les allergies.
Prix et délai de Mia
Chez ZeniTech, Mia se facture en deux parties : une implantation, puis un forfait mensuel avec une utilisation raisonnable incluse ; les volumes exceptionnels sont convenus d’avance. La grille complète est publiée sur zenitech.dev/tarifs.
Un agent qui répond et capte les demandes se déploie en 1 à 2 semaines ; branché au CRM, au calendrier et aux relances, comptez 3 à 4 semaines.
Questions fréquentes
Puis-je publier la photo avant/après d’une cliente sur Instagram sans sa permission ?
Non. Le Code civil du Québec considère comme une atteinte à la vie privée le fait d’utiliser l’image d’une personne à toute autre fin que l’information légitime du public (art. 36), et la Loi 25 exige un consentement manifeste, libre, éclairé et donné pour chaque fin (art. 14). Demandez un consentement distinct pour Instagram, votre site et la publicité.
Une case cochée dans le formulaire de rendez-vous suffit-elle ?
Rarement. Lorsque le consentement est demandé par écrit, la Loi 25 exige qu’il soit présenté distinctement de toute autre information, et demandé pour chacune des fins. Une case unique cachée dans les conditions générales ne répond pas à ces exigences.
Et si on ne voit pas le visage de la cliente ?
Le risque est moindre, mais pas nul : un tatouage, une cicatrice ou un décor reconnaissable peuvent identifier quelqu’un. L’article 36 du Code civil vise aussi la ressemblance. Le plus simple est de demander le consentement dans tous les cas, en précisant le niveau d’identification accepté.
Peut-on publier la photo d’une adolescente après une coupe ou un maquillage de bal ?
Pour une mineure de moins de 14 ans, le consentement est donné par le titulaire de l’autorité parentale ou par le tuteur. À 14 ans et plus, la Loi 25 permet qu’il soit donné par la mineure, par le titulaire de l’autorité parentale ou par le tuteur (art. 14). Par prudence, faites signer le parent dans les deux cas.
Une cliente me demande de retirer sa photo : que dois-je faire ?
La retirer de vos comptes, de votre site et de vos publicités, noter le retrait dans votre registre et détruire la photo si elle ne sert plus à une fin permise (art. 23 de la Loi 25). Les partages faits par d’autres comptes ne sont pas sous votre contrôle ; dites-le-lui franchement.
Ai-je le droit de retoucher une photo après ?
La lumière et le cadrage, oui. Le résultat du soin, non : la Loi sur la protection du consommateur interdit toute représentation fausse ou trompeuse (art. 219), et on juge selon l’impression générale (art. 218). Une peau lissée ou une couleur modifiée laisse croire à un résultat que le soin ne donne pas.
Les photos d’injections suivent-elles les mêmes règles ?
Elles en suivent plus. Les soins médicoesthétiques sont encadrés par les ordres professionnels : le Collège des médecins et l’OIIQ rappellent qu’une évaluation individuelle doit précéder le traitement. Consultez les règles de publicité de votre ordre, et si des professionnels exercent à leur compte dans votre clinique, vérifiez si la Loi sur les renseignements de santé et de services sociaux s’applique.
Une IA peut-elle publier mes réalisations à ma place ?
Elle peut les préparer ; c’est vous qui devez approuver. Chez ZeniTech, Mia prépare vos publications Instagram et TikTok, textes et visuels, et ne publie jamais sans votre approbation. Elle se facture en deux parties : une implantation, puis un forfait mensuel avec une utilisation raisonnable incluse, selon la grille publiée sur zenitech.dev/tarifs.
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- LégisQuébec : Code civil du Québec, art. 35 et 36
- LégisQuébec : Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé (RLRQ, c. P-39.1), art. 8, 12, 14 et 23
- LégisQuébec : Loi sur la protection du consommateur (RLRQ, c. P-40.1), art. 218 et 219
- LégisQuébec : Loi sur les renseignements de santé et de services sociaux (RLRQ, c. R-22.1), annexe II
- Collège des médecins du Québec et OIIQ : soins médicoesthétiques, communiqué du 30 mai 2024
- Google : règles relatives au contenu ajouté par les utilisateurs, faux contenu
- Bureau de la concurrence : avis en ligne publiés par des employés (18 janvier 2024)
- ZeniTech : Mia, agent IA pour salons de beauté et esthétique